Contact

Information confidentielle et privée
Données non enregistrées dans une base de données
Informations personnelles non divulguées

Toggle Upper
Toggle Upper
Informer, Enseigner, Transmettre

Biographie

Allocution inaugurale du 30 décembre 2008, Société Médico-Psychologique



Mesdames, Messieurs, Mes Chers Collègues,

Je suis très émue d’être ici dans ce grand amphithéâtre historique du centre hospitalier Sainte-Anne et de prononcer aujourd’hui cette allocution inaugurale.

Je voudrai vous exprimer toute ma gratitude pour l’honneur que vous m’avez fait en m’élisant à la présidence de la société savante la plus ancienne en psychiatrie . Je succède en occupant ce fauteuil à des maîtres illustres, brillants cliniciens, enseignants et chercheurs.
Je rendrai hommage en tout premier lieu à Madame le Professeur Thérèse Lamperrière, première femme, présidente de la société médico-psychologique. Je lui témoigne solennellement toute mon admiration aussi bien pour son savoir que pour sa bienveillance et sa grande humanité.

Mais comment dois-je me situer dans la filiation à la présidence de la société médico-psychologique ?
- Est-ce en tant que médecin des hôpitaux psychiatriques ? Je travaille au sein du centre hospitalier Sainte-Anne depuis 1984.
- Est-ce en tant qu’universitaire ? Je suis praticien hospitalier depuis 1992 à la Clinique des Maladies Mentales et de l’.Encéphale (C.M.M.E) , service universitaire dirigé actuellement par Mr le Pr Rouillon.
- Est-ce en tant que Médecin des Armées ? J’ai servi une dizaine d’années dans le Service de Santé des Armées.
- Ou est-ce encore en tant que praticien libéral ?
-Ou est-ce tout simplement pour mon engagement précoce dans le domaine des psychothérapies brèves : familiales, à médiation corporelles, comportementales et cognitives. Après différentes fonctions j’ai exercé la présidence de l’association française de thérapies comportementales et cognitives de 2001 à 2003.
Les psychothérapies, d’actualité par la constitution d’une loi officielle, tendent aujourd’hui à être réglementées à un niveau européen, par la définition d’un statut de psychothérapeute à la formation clinique et psychologique minimum.

Je tiens désormais à rendre hommage à Monsieur le Professeur Julien-Daniel Guelfi qui a su nous démontrer au cours de sa présidence son sens de la rigueur, de la méthode, son intérêt pour la recherche psychopathologique. Nous avons pu apprécier toutes ses interventions très pertinentes.
Je lui témoigne également toute ma gratitude pour son enseignement et pour une collaboration clinique depuis plus d’une vingtaine d’années toujours guidé par le souci d’améliorer la qualité de vie de ses patients.

Je tiens maintenant à rendre hommage à d’autres maitres éminents de la société médico-psychologique dont la rencontre a été à l’origine de ma vocation et de mes orientations professionnelles. Pardonner-moi par avance pour les omissions faites lors des citations qui seront présentées dans un ordre purement chronologique :

Mon premier contact avec la psychiatrie eu lieu au cours de ma dernière année de formation médicale au moment où je devais définitivement quitter le domaine de la clinique pour rejoindre une carrière dans un laboratoire de physiologie humaine où je travaillais déjà depuis plus de trois années sur les effets des ambiances thermiques extrêmes chez l’être humain (hyperthermie maligne d’effort).

- C’est alors que je fis la connaissance de monsieur le médecin en chef Claude Vauterin, chef de service, en psychiatrie de l’hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes de Lyon, homme très cultivé qui nous faisait partager des passages entiers de textes sur la phénoménologie dans leurs versions originales en langue allemande. Je garde un souvenir ému de séances de lectures, de discussions passionnées. Je tiens à honorer son souvenir.

- Après un grave accident de la voie publique, la rencontre avec le Médecin Général Inspecteur Pierre Lefebvre, directeur de l’Ecole d’Application du Vâl-de-Grâce, où j’étais affectée en tant que Médecin des Armées m’a permis de me questionner davantage sur l’humain, sur le futur et m’a fait prendre la décision de m’orienter définitivement vers la psychiatrie.
Je voudrai lui témoigner ici toute ma considération, mon infinie reconnaissance et mon immense respect. Il m’a toujours encouragé, soutenu avec une très grande humanité.

- C’est dans cette période de doute que d’autres rencontres inoubliables ont lieu avec : Messieurs les professeurs Henry Loo, et Pierre Deniker et avec messieurs mes médecins Généraux Claude Barois et Maurice Bazot.
Plus tard au cours de ma formation, messieurs les Professeurs Pierre PichotJean-Pierre Olié , Yves Pelicier et Quentin Debray feront évoluer ma réflexion, sur ma place de psychiatre dans la recherche, en psychanalyse et en pratique clinique.
Je les remercie très chaleureusement.

Si l’on me pose la question : pourquoi cet intérêt permanent pour la compréhension des processus mentaux ?
Je répondrai que j’ai toujours éprouvé le besoin de comprendre le fonctionnement de l’être humain, tout d’abord en physiologie où j’ai pu approfondir mes connaissances sur les mécanismes biologique et métabolique du vivant.
Par la suite, la psychiatrie m’a appris les grands troubles psychiques et leurs traitements, m’a initié à une psychopathologie psychanalytique, comportementale et cognitive. Puis, j’ai souhaité dés la fin de ma formation de psychiatre mieux comprendre la psychologie de l’être humain dans ses processus de raisonnement, …. Je me suis engagée alors dans un doctorat de psychologie clinique et pathologique dont le sujet était l’appréciation des processus de pensée des sujets déprimés par l’intermédiaire de l’analyse de leurs discours.
Comprendre, formuler des hypothèses sur le fonctionnement psychique de nos patients est bien le propre du clinicien.
En tant que psychothérapeute je m’interroge sur les interactions thérapeute-patient, sur l’apport des théories de l’esprit, sur les nouvelles conceptualisations de l’empathie, sur les données révélées par l’imagerie cérébrale ou la neuropsychologie.

La société médico-psychologique m’a accompagné dans tout ce cheminement .
Psychiâtre dans le service de Monsieur le professeur Pierre Pichot puis du Professeur Bertrand Samuel-Lajeunesse nous étions tous cordialement invités à assister et à participer aux séances de communication du lundi où le sérieux et la richesse des interventions m’impressionnaient.
Quelques années plus tard je devenais membre correspondant national parrainée par le Médecin général inspecteur Pierre Lefebvre.
Je fis alors régulièrement la présentation des travaux cliniques et psychologiques de notre équipe universitaire essentiellement sur les troubles dépressifs et anxieux, à l’origine d’une dizaine de publications dans les annales médico-psychologiques.

Monsieur le professeur Jean-François Alillaire me fit l’honneur de me proposer de devenir membre titulaire et c’est avec grand plaisir que le médecin général inspecteur Pierre Lefebvre accepta de nouveau d’être mon parrain.

Je souhaite pour l’année à venir préserver la diversité des approches qui caractérise la société médico-psychologique. Elle permet en effet à tous les courants de pensées de s’exprimer.
Je fixerai ainsi trois objectifs principaux :
- préserver l’interdisiplinarité de nos présentations.
- favoriser des questions scientifiques d’actualité : l’imagerie médicale, l’évaluation des soins, des pratiques professionnelles, la place des associations de patients dans les prises en charge thérapeutique,…
- améliorer la diffusion de nos travaux auprès d’un plus large public(internes, assistants des hôpitaux,…), et ainsi offrir une action de formation médicale continue plus large.
Je tâcherai de m’inscrire dans cette longue lignée de présidences de la société médico-psychologique en contribuant le mieux possible à apporter ma pierre à l’édifice.

Je voudrai pour terminer saluer l’arrivée à mes côtés en tant que vice-président du Dr Patrice Vanamerongen, sa présence me sera stimulante au regard de toutes les actions qu’il a pu mener dans sa carrière.
Je remercie chaleureusement, Monsieur le professeur Jean-François Alillaire, secrétaire général, dont j’ai pu apprécier la grande disponibilité, la courtoisie, et les conseils éclairés.
Je voudrai aussi souligner le travail discret mais indispensable, accompli par les secrétaires de séances Mme le Docteur EvelynePewsner et Monsieur le Docteur Alain Payen. Je tiens également à remercier Madame Jacqueline Parant, notre secrétaire administrative pour Son investissement permanent ainsi que pour sa gentillesse et son entier dévouement à notre société.
Je remercie également mon mari , mes enfantset ma famille qui sont toujours présents à mes côtés.

Il me reste à souhaiter une bonne année à tous, la prospérité pour la société médico-psychologique , une grande moisson de travaux et une audience plus accrue.

. Je vous remercie pour votre attention et votre confiance.

Dr C. Mirabel-Sarron

Christine Mirabel-Sarron: réconcilier les non-voyantes avec leur image